À l’approche des Sables d’Olonne, venant de l’île d’Yeu, Kithira passe les Barges puis vise la bouée sud du chenal d’approche.
En plein dans notre trajectoire, à 12 h, un gros zodiac fait des allers-retours réguliers et semble ne pas nous voir.
Nous approchons en conservant notre trajectoire, bien que les hauteurs d’eau nous permettent de passer au nord de la bouée sans problème pour éviter ce bateau. Cette décision va sauver une vie.
Lorsque nous sommes à vue du bateau, nous constatons que c’est un gros semi-rigide bimoteur, qui tourne en rond, sans personne à bord…
Quelques minutes plus tard, nous apercevons une tête dans l’eau, à environ 200 mètres du bateau : une personne nage vers la côte. Nous le hélons, l’homme se retourne et appelle au secours. La mer est quasiment plate, nous ne l’aurions pas vu avec des creux même modérés. Et bien sûr il n’aurait pas entendu le voilier !
Ne pas le perdre de vue, mettre le moteur, affaler, s’approcher… Marc et Jean-Claude effectuent les manœuvres de sécurité avec célérité, en donnant des directives précises à leurs deux équipiers.
L’homme attrape la bouée couronne, puis à notre 2e approche, il saisit notre bout et se le passe sous les aisselles.
Nous avons sorti l’échelle et réussissons à le hisser à bord, puis il est temps d’appeler le CROSS.
Après échange avec le médecin du CROSS, la marche à suivre nous est fixée : nous gardons l’homme à bord.
La SNSM ira récupérer le zodiac qui tourne en rond sur place, et nous rejoint à Port Garnier pour prendre en charge la victime en hypothermie, épuisée, mais consciente et cohérente.
M. D…, 37 ans, nous explique ce qui s’est passé, lorsqu’il a un peu récupéré.
Il avait enlevé son gilet et le coupe-circuit pour se pencher au-dessus d’un de ses moteurs qui hoquetait, à l’arrière du Zodiac. Une vague l’a fait basculer par-dessus bord.
Ça fait 20 minutes environ qu’il est dans l’eau ; il a d’abord tenté de s’accrocher au zodiac sans succès. Il a appelé en vain plusieurs bateaux passant à proximité, mais sa voix était couverte par le bruit des moteurs.
Il a fini par renoncer et a pris la décision de nager vers la côte, à plus de 1 mille. Visiblement pas du tout sportif, ce choix lui aurait été fatal vu la distance et le froid, sans notre passage à proximité.
Cet incident — qui aurait pu être dramatique — sera l’occasion pour Marc et Jean-Claude de revenir sur le dernier stage de survie organisé par Vogue et Rêve pour les chefs de bord, et de nous partager nombre d’informations, éclairant les priorités qui ont dicté leurs choix au moment de l’incident.

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