
La Rochelle – Saint Gilles Croix de Vie – Pornic – Piriac sur Mer – Le Crouesty – -Île de Groix – Les Glénans – Concarneau – Lorient – Belle-Île – La Turballe – Île d’Yeu – Les Sables d’Olonne – La Rochelle.

Le 27 avril dernier, Patrick et Marie embarquent pour 17 jours de croisière à bord de Kithira, sous la houlette de Jean-Claude et Marc, skippers expérimentés.
On largue les amarres le 28 avril à l’aube; nous filons plein nord, face au vent, et une longue journée nous attend pour rallier Saint Gilles Croix de Vie.
Ce sera une première navigation contrastée : après avoir passé quelques heures irréelles dans un épais banc de brume, entre le nord de Ré et Les Sables, un vent favorable se lève, nettoie la brume et nous permet de sortir les voiles.
Au moteur, on ne dépasse pas 5 noeuds, et on peut pêcher. Marc a sorti une ligne et bientôt les maquereaux pleuvent dans le cockpit! Ce sera notre menu et notre régal quasi-quotidien pendant ce voyage.


Les équipiers peu amarinés découvrent qu’à terre aussi, il faut mémoriser certaines informations essentielles à la survie…
Nos journées de navigation démarrent très tôt, nous quittons les ports entre 5h30 et 7h, pour arriver en milieu de journée à l’étape suivante et faire un peu de tourisme, se dégourdir les jambes, se ravitailler…

Nos journées de navigation démarrent très tôt, nous quittons les ports entre 5h30 et 7h, pour arriver en milieu de journée à l’étape suivante et faire un peu de tourisme, se dégourdir les jambes, se ravitailler…
Après Saint Gilles, et un passage en vue du mystérieux phare du Pilier, Pornic nous accueille. Nous sommes au ponton A, et surprise, on nous a déroulé le tapis rouge. Mais est-ce vraiment pour Vogue et Rêve?
Le lendemain, pour rallier Piriac sur Mer, il faut traverser le « rail de Saint Nazaire »; depuis la table à carte, Jean-Claude nous pilote de main de maître pour se faufiler entre les monstres d’acier qui s’y croisent, lancés à plus de 20 noeuds.


Il fait frais et le vent a déjà confisqué 1 bonnet et 1 casquette depuis notre départ. Heureusement, à Pornic nous avons pu trouver de quoi ré-équiper Capitaine Marc-Leau 😉
L’entrée dans le port de plaisance de Piriac sur Mer requiert doigté et expérience : une marche, recouverte seulement à marée haute, ferme l’accès au bassin. Le feu vert est doublé d’un écran indiquant la profondeur d’eau disponible au dessus… Quand il fonctionne!


Mission accomplie, nous voici à quai.
Nous passons 2 nuits à Piriac, on va profiter du port, du marché, du pittoresque village, et faire une belle ballade côtière de 7 km.


Le surlendemain, départ très tôt afin de pouvoir franchir cette fameuse digue sans encombre. C’est une belle journée de navigation; le vent, grand largue puis arrière, nous permet de mettre les voiles en ciseau pour pratiquer cette allure, délicate à barrer.
Nous entrons au port du Crouesty en fin de matinée, et on nous place à côté d’un voilier de compétition, équipé d’un régulateur d’allure fabriqué à La Rochelle.


Le lendemain, les conditions de vent s’annoncent un peu plus sportives, et on prend un ris par prudence.
Eh bien, on aurait pu en prendre un 2ème dès le départ! Kithira, avec son gréement neuf, file gaillardement, et fait des pointes à plus de 8 noeuds dans des creux de 2 mètres, tout ça sous un grand soleil.
C’est dans ces conditions musclées que nous passons le phare de la Teignouse, bien connu des candidats au permis côtier, pour rejoindre l’île de Groix et Port Tudy avant midi.

A Groix, l’accès au port est étroit et le ferry est gros. Vigilance de rigueur avant d’entrer.
Nous passons deux nuits sur place et faisons une belle randonnée sur l’île; des détails rappellent que la douceur du lieu n’est qu’apparente…


Le 5 mai au matin, on file vers les Glénans, cap plein ouest, avec un vent soutenu. On prend 2 ris au génois, sans sortir la GV. La houle, d’abord large et creusée, s’apaise, puis le soleil se montre après quelques gouttes de pluie.
Les Glénans… C’est un mythe, c’est un mystère, et puis quand on s’approche, c’est un enchantement. Le mouillage est ourlé d’un isthme de sable d’une blancheur immaculée, qui relie 2 îlets. Le lendemain, à marée haute, le sable est englouti, la vue porte au delà, et on découvre d’autres îlots, avec ici ou là un toit isolé. Au milieu de tout ce calme, les traces vives des dériveurs, catamarans, wingfoils et kitesurfs dansent leur ballet dans les baies alentour.
Malgré le calme apparent de la mer dans notre mouillage Est, abrité du large, le vent va souffler fort cette nuit-là. On a doublé les amarres. Le lendemain matin, on tourne le dos à l’archipel, pour rallier Concarneau sous génois. On file un bon 5 noeuds et on y est en moins de 3 heures.
Les pontons visiteurs sont au pied de la « ville close ». Après un peu de tourisme dans ses rues typiques cernées de vieilles murailles, on change d’atmosphère dans la ville moderne, ou se déroule le festival des thoniers, au son des bandas.

Le 7 mai, départ direction Lorient. Le vent est mieux orienté que prévu, et on va pouvoir mettre les voiles en ciseau… Et pêcher, à la voile, une douzaine de maquereaux en moins d’une heure.

Entrée dans la rade de Lorient, puis on va s’amarrer à Port-Louis. Contrairement à la « ville close » de Concarneau, cette citadelle fortifiée est une belle endormie boudée par les touristes.
Lundi 8 mai, on lève l’ancre tôt pour filer vers Belle-Île. Au sud de Groix, un groupe de dauphins va nous accompagner pendant près d’une demi-heure.
Les conditions de navigation sont presque trop tranquilles le matin, puis la houle se creuse et le vent monte, avec des rafales à 20 – 25 noeuds. Et puis, à l’approche de Belle-Île, tout ça se calme, et la côte disparaît dans la brume… Mais où diable est l’entrée du port? Un ferry approche, suivons-le.


Le port du Palais est équipé de blocs en caoutchouc qui font trampoline, nettement moins stables que les pontons et catways habituels ; ça vaudra à un équipier une belle culbute, heureusement sans plouf ni bobo.

Petit tour dans ce port typique mais très touristique, car le ballet incessant des ferries y déverse et rembarque par centaines les visiteurs d’un jour.
Mardi 9 mai, les prévisions météo sont sportives, on part tôt direction la Turballe pour se mettre à l’abri.
En passant vers Houat et Hoédic, on a bien le temps d’observer le phare et les récifs des Grands Cardinaux.
La houle et le vent ont beaucoup forci, et quand on arrive en vue de La Turballe c’est un soulagement. L’entrée dans le port sera très sportive malgré les deux énormes digues en ciseau qui brisent le vent et les vagues! Marc assure avec calme et précision cette arrivée délicate.
Si le phare de Garlahy, à l’entrée du port, est ainsi penché, ce n’est pas une lubie d’architecte : ça doit être pour moins lutter contre la violence des vents, sans nul doute (pure spéculation!)


Nous voici bloqués ici pour 48 heures, car même si le vent finira par se calmer dans la nuit, la houle résiduelle reste très marquée, avec des creux de 4 mètres. C’est jour de marché, on se console donc avec quelques huîtres, et puis du kouign-aman bien sûr, on en a si peu dégusté ces derniers jours (hum…)
Il nous reste une belle étape avant la fin de ce périple dans les îles bretonnes. Le 11 mai, on part très tôt pour l’île d’Yeu.


Port Joinville a gardé son charme d’autrefois, dès qu’on se glisse dans les ruelles adjacentes. Le 12 mai, on loue des vélos pour un tour complet de l’île. Chaque coin de côte raconte son histoire, les paysages marins sauvages et les petits ports typiques nous enchantent.
Dans l’après-midi, un brave et une courageuse se baignent sur la plage des Vieilles, bondée.


Samedi 13 mai, c’est le début de la fin de ce périple. Nous voguons vers Les Sables, puis ce sera La Rochelle le lendemain. À l’approche des Sables d’Olonne, après une belle journée à la voile, nous allons faire connaissance de très près avec la SNSM, après avoir mis en pratique le protocole de sauvetage d’un « homme à la mer ».
Voilà, l’aventure est finie, Kithira et ses skippers nous ont concocté un périple aux petits oignons (merci Jean-Claude) et aussi de délicieux petits plats quotidiens (merci Marc!)
Nous avons pratiqué de nombreuses allures, répété de multiples manoeuvres, et appris ou approfondi beaucoup de points techniques et de sécurité. Marc et Jean-Claude nous montrent les fiches et le manuel qu’ils ont rédigé; ce sont de vrais mines pour ancrer et formaliser tout ce que nous avons pratiqué.
Marie Raynaud
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